Pour affronter le capitalisme financier, les nations sont le cœur de la solution.

L’Europe n’est pas malade de ses nations. Elle malade du capitalisme financier. Des questions telles que la monnaie, l’indépendance de la banque centrale, la dette publique, la libre-circulation des capitaux et le libre-échange sont centrales. Et l’interdiction de l’harmonisation sociale et fiscale. Ces éléments sont l’identité réelle de l’Union européenne depuis le traité de Lisbonne et le traité budgétaire. Ce sont eux qui font de l’UE le paradis du capital financier aujourd’hui. Ce sont donc eux qui étaient au cœur du sommet du plan B tenu à Paris les 23 et 24 janvier dernier.

Pour affronter le capitalisme financier, les traités européens sont un problème, pas les nations. Au contraire, elles sont le cœur de la solution. Pourquoi ? Parce que le capitalisme de notre temps cherche à éviter toute régulation, tout contrôle. L’exemple le plus avancé de cette logique est la volonté de soustraire les multinationales à la justice étatique en généralisant des tribunaux privés d’arbitrage dans le cadre du projet d’accord UE-États-Unis. L’ennemi du capitalisme financier, c’est donc la démocratie et la souveraineté du peuple, sources de toute norme juridique. Or aujourd’hui, démocratie et souveraineté populaire n’existent que dans le cadre national, même si c’est bien imparfaitement comme on le voit en France dans la monarchie présidentielle.

La nation est un atout dans ce bras de fer. La preuve ? Ce n’est pas par de vaines lamentations que changeront les règles européennes. Elles sont établies par des traités. Les traités sont signés par des États et personne d’autre. Seul le rapport de force entre nations peut donc faire changer ces traités. La France, par son histoire, sa taille, son poids économique et démographique, a une carte maîtresse à jouer en Europe. Que Nicolas Sarkozy puis François Hollande aient étouffé la voix du peuple français ne change rien à la réalité : on ne peut pas faire l’euro ni l’Europe sans nous. Le rapport de force national est central et notamment celui envers le gouvernement allemand. La France n’aurait pas pu être écrasée comme l’a été la Grèce sans que l’UE n’implose. Le dire, ce n’est pas tant dénoncer l’audace du gouvernement de coalition de la droite et du PS en Allemagne. C’est au contraire montrer ce que coûte à l’Europe la dérobade de la France quand elle ne défend pas ses intérêts.

L’année 2017 sera une année clé en Europe. La France et l’Allemagne voteront dans des élections gouvernementales. La Commission européenne et les Cinq présidents de l’Union européenne prévoient la rédaction d’un nouveau traité européen cette année-là, pour parachever l’union économique et monétaire européenne. Les candidats à l’élection présidentielle devront donc être clairs sur l’enjeu européen. Ne serait-ce que pour éviter la répétition des hold-up de 2007 et 2012 voyant un président faire le contraire de ce qu’il avait promis en tant que candidat et imposer un traité européen sans référendum.

Nous n’acceptons pas les traités européens. Nous voulons appliquer notre programme de relance de l’activité, de planification écologique, de partage des richesses, de relocalisations des productions. Les traités européens l’interdisent et l’empêchent ! Nous devons donc sortir de ces traités. Comment ? Cela dépendra des autres États. Notre plan A prévoit de désobéir pour obtenir une refondation générale des règles européennes.
Mais comme nous sommes des gens prévoyants et que nous n’avons plus aucune illusion sur l’Union européenne, nous préparons donc un plan B au cas où notre proposition de renégociation loyale serait refusée.
Nous ne renoncerons ni à notre programme ni à la souveraineté du peuple français pour rester dans l’euro. Et nous savons que les plus belles coopérations scientifiques (CERN, Arianespace), industrielles (Airbus) se sont construites avant l’euro et hors de l’Union européenne. Nous avons la certitude que rien ni personne ne pourrait résister à une demande française.
Parce qu’il n’y a pas d’Europe sans la France. Et encore moins contre elle.

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